Comment aider un proche en détresse psychologique ?
- Madame Annie Lejeune

- il y a 18 heures
- 3 min de lecture
Il n’existe pas de méthode universelle pour cela. Chaque personne en détresse porte une histoire singulière et a besoin d’une attention particulière, complétée éventuellement d’un suivi professionnel. C’est précisément pour cette raison que quelques pistes peuvent probablement aider.

Repérer les signes que quelque chose ne va pas
Un proche peut changer, soudainement ou progressivement : se replier, s’agiter, pleurer, manquer de sommeil, perdre l’élan qui l’animait jusque-là, se mettre en colère sans raison... Ces signes ne disent rien en eux-mêmes de ce qui se joue pour lui. Ils sont des indices, pas des diagnostics. Vouloir immédiatement nommer ce qui ne va pas, mettre un mot sur sa souffrance, risque paradoxalement de le pousser à se fermer davantage.
Il faut tout d’abord prendre le temps d’entendre ce que la personne, elle, essaie de dire à sa façon, avec ses propres mots, ses réactions, ses changements de comportement ou ses silences.
Faire une place à la parole
Être présent ne signifie pas forcément savoir quoi dire. Après tout, personne n’est formé pour savoir comment se comporter face à quelqu’un en détresse. C’est même souvent l’inverse : accepter de ne pas avoir la solution, de ne pas pouvoir rassurer immédiatement, permet de laisser un espace où l’autre peut, à son rythme, déposer quelque chose de ce qui le traverse.
Les phrases qui cherchent à rapprocher son vécu du nôtre, comme « je comprends, moi aussi j’ai connu ça », partent souvent d’une bonne intention, mais elles ramènent l’échange vers nous alors que ce moment appartient à l’autre.
De la même manière, le jugement des propos, des choix ou des réactions de cette personne, même silencieusement, est à éviter. Ce n’est pas tant ce que l’on dit qui compte que la qualité de l’écoute que l’on parvient à offrir : une écoute qui ne cherche pas à convaincre ou à rassurer trop vite, mais qui laisse la parole se déployer.
Oser aborder ce qui inquiète, même le plus difficile
Beaucoup d’entre nous redoutent d’évoquer certains sujets par crainte d’aggraver la situation. La question du suicide, en particulier, reste souvent taboue. Or, poser la question n’augmente jamais les risques de suicide, au contraire. Le silence, lui, laisse la personne seule avec ce qu’elle traverse. Nommer la manière dont cette personne se sent, sans dramatiser ni minimiser, ouvre au contraire une possibilité de dialogue là où le non-dit isole.
Orienter vers un professionnel, sans forcer
Il arrive qu’un proche ait besoin d’un espace thérapeutique que l’entourage, aussi aimant soit-il, ne peut pas offrir. Tout simplement parce que la relation qui nous lie à cette personne n’est pas celle, neutre et cadrée, qu’offre un thérapeute.
Pour l’inciter à consulter un psychologue ou psychothérapeute, il est déconseillé d’insister jusqu’à ce qu’il/elle cède. Il s’agit plutôt de faire connaitre l’existence de cet espace, en parler comme d’une possibilité parmi d’autres, et respecter le temps, parfois long, que la personne prendra avant d’aller en consultation.
Se préserver soi-même, sans culpabiliser
Soutenir quelqu’un dans la durée use : ce constat n’est pas un aveu de faiblesse, mais une réalité clinique que je rencontre souvent chez les proches aidants : l’épuisement, s’il n’est pas reconnu, se transforme parfois en agacement, voire en ressentiment, ce qui abime la relation que l’on cherche justement à préserver.
Prendre soin de soi, garder des espaces qui nous appartiennent en propre, n’est pas une trahison envers l’autre. C’est au contraire une condition importante pour continuer à être présent sans s’épuiser ni se perdre dans la difficulté de l’autre.
Ce qu’il ne faut pas attendre de soi
On ne guérit pas quelqu’un en détresse ou dépression par la seule force de l’attention qu’on lui porte. Le rôle d’un proche n’est pas de se substituer à un accompagnement thérapeutique concret, mais de tenir une place : celle d’une présence fiable, qui ne juge pas, qui n’exige rien et qui laisse à l’autre le temps dont il a besoin pour faire le pas vers une aide professionnelle, si cela devient nécessaire.



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